
Une
touche d’excentricité, un peu de mélancolie et beaucoup de curiosité, voilà ce
que je suis. Se limiter à une seule passion, un seul plaisir ou une seule
émotion me semble absurde. Je ne suis pas seulement une élève, je ne suis pas
seulement une grande lectrice, je ne suis pas seulement une amoureuse des
univers fantastiques, je suis tout cela à la fois. Parfois, lors ce que je suis
prise d’une rage si violente contre la technologie, il m’arrive de me
surprendre à rêver de n’avoir en ma possession qu’un simple téléphone à touches,
sans tous ces artifices qu’englobent les réseaux sociaux. Alors je récupère
l’ancien appareil de ma mère et je m’imagine une vie avec lui comme compagnon.
Je sais que ce choix là serait le bon, malheureusement, je n’ai pas le courage
de me laisser aller à mes pulsions qui doivent sembler préhistoriques pour
beaucoup, par peur de n’en avoir besoin à un moment où l’attente ne serait pas
permise. Pour compenser ce manque honteux de courage, je me plonge dans
différents ouvrages, de tous styles et de toutes tailles Je m’imagine que lire
jusqu’à l’épuisement me rendra plus perspicace dans des moments délicats.
J’aime aussi me plonger dans des romans, oublier la vie qui est la mienne et ne
plus penser qu’à l’histoire enivrante qu’un auteur serviable n’à inventer que
pour moi. Alors je lis, alors je rêve. Les films me font le même effet. Le jeu
des couleurs, des lumières, des décors, tout est propice à la rêverie. Je
pourrais rester plusieurs heures devant chaque image d’un film sans me lasser. Quand
je pense que chacun des plus infimes détails a été pensé et travaillé avec
soin, je trouve cela injuste de ne pas s’attarder pour comprendre la
signification de l’emplacement de cet objet ou l’expression de ce comédien.
Honorons le cinéma : soyons attentifs ! La musique est aussi pour moi une bonne
échappatoire. Il n’est plus nécessaire de parler quand la chanson pense pour
vous. A quoi bon s’entêter à essayer de formuler comme on peu une phrase
bancale et des idées pas plus droites quand il suffit d’appuyer sur le bouton
« play » pour que des artistes bien plus qualifiés que moi entament
un air mélodieux et des paroles compréhensibles et pleines de sens ? Je
semble pourtant aimer les contradictions puisqu’il m’arrive bien souvent de prendre
un stylo et de le laisser courir sur une page ou deux, d’écrire des textes, des
histoires, d’inventer un monde en quelques lignes. Je donne la vie à des
personnes inexistantes le temps d’une demie douzaines de pages. Je m’autorise
le pouvoir suprême, celui de créer la vie. Une folie des grandeurs que je me
permets. Le plaisir ultime et pervers de tout contrôler, de faire naître ou de
faire mourir, de donner la joie ou d’arracher tout bonheur.Ecrire. Un simple mot qui peut créer une planète entière. Ce
n’est pas si compliquée, regardez donc : « Une jeune femme du
nom de Lilya coiffait ses longs cheveux blonds devant un énorme miroir doré
orné de pierres plus précieuses les unes que les autres. Elle ne manquait pas
de richesses, à tel point qu’elle avait fait construire une planète uniquement
pour son confort. En ce moment même, elle se trouvait sur la planète égocentriquement
nommée « Lilyana ». » Voyez comme c’est simple ! En
quelques lignes, je vous ai fait imaginer une femme, une planète, un miroir, un
caractère et, pour les plus imaginatifs, un passé. C’est si simple d’abuser de
la plume ! De stimuler le cerveau d’autrui en le forçant à imaginer mon
récit, mes personnages, que cela lui plaise ou non. Quel jeu pervers et
cruel ! Mais ne soyons pas médisants, l’écriture est un noble art, art qui
en sauvé plus d’un.